Pokémon Go ou l’inquiétant spectacle des gens qui s’amusent.

Publié le par Source : Le monde.fr

Pokémon Go ou l’inquiétant spectacle des gens qui s’amusent.

Il ne fait pas bon être chasseur, fût-ce de créatures électroniques. En France, courant juillet, la ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol, a critiqué Pokémon Go, ironisant sur l’apparition d’« un nouveau jeu pour favoriser les échanges, la curiosité et l’attention à l’autre ». L’humoriste Mickaël Youn s’est agacé : « Le monde part en sucette, et pendant ce temps-là… on joue à Pokémon Go. » Le sociologue Laurent Tremel, qui reconnaît ne pas y avoir joué, s’inquiète que « des gens privilégient le virtuel sur le monde réel ».

C’est le double paradoxe du jeu de Niantic Labs : au milieu d’un été aussi sanglant qu’anxiogène, il lui est reproché d’être un jeu… Et, alors même qu’il invite ses utilisateurs à se rencontrer dans les parcs et dans les rues, il est accusé de les isoler. Comment un jeu vidéo inoffensif, extérieur, volontiers estival et fédérateur a-t-il pu passer pour une activité de fuite et d’isolement ? C’est le mystère de Pokémon Go, raz-de-marée médiatique dont le contrat ludique unique semble échapper à ses détracteurs.

Un phénomène pas si nouveau

Petit retour en arrière : au milieu des attentats et des polémiques sur le « burkini », Pokémon Go a été l’un des phénomènes médiatiques de l’été. Ce jeu vidéo pour mobile, développé par une start-up anciennement liée à Google, s’est placé numéro 1 des téléchargements dans 70 pays simultanément, a été installé 130 millions de fois en un mois et a franchi la barre des 100 millions de dollars de revenus en seulement vingt...


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