Pour la CIA, les Pokémon à attraper, ce sont vos données personnelles !

Publié le par Karel Vereycken

Pour la CIA, les Pokémon à attraper, ce sont vos données personnelles !

Alors que Pokémon Go, une application de jeu téléchargée par au moins 40 millions de personnes, donne le tournis à la planète entière, les joueurs ont-ils jamais pensé au fait que ce jeu a priori innocent pouvait être exploité à des fins autres que ludiques ?

Tout d’abord, aidons le joueur à s’interroger sur le pourquoi de la gratuité du jeu. La réponse découle du fait que lorsque vous partez à la chasse aux Pokémon, c’est en réalité le constructeur du jeu qui fait la chasse… à vos données personnelles.

Soulignons que le simple fait de cliquer sur « installer » pour jouer vaut acceptation des conditions d’utilisation. Or, quel joueur a pris le temps de lire attentivement les 11 000 mots définissant ces conditions et la politique de confidentialité ?

La Niantic Labs, qui a créé Pokémon GO, y reconnaît qu’elle recueille, via lescookies, vos données à caractère personnel (adresse e-mail Google ou Facebook) ainsi que les paramètres de confidentialité sélectionnés sur Google, Facebook et le« club des dresseurs Pokémon ».

D’autre part, des pixels invisibles (Web beacons) sont incorporés de manière imperceptible sur les pages web (ou dans un e-mail) par la société, ce qui lui permet de contrôler quelles sont les pages web que vous visitez. Mais pour les désactiver, il faut désactiver les cookies auxquels ils sont associés, donc bloquer le fonctionnement de votre jeu…

Ajoutons à cela que Niantic considère vos données à caractère personnel comme ses propres actifs. Pourquoi ? Son modèle économique repose sur le data mining(collecte des données personnelles) de ses utilisateurs :

Les informations que nous collectons auprès de nos utilisateurs, y compris les données à caractère personnel, sont considérées comme un actif de l’entreprise. (Politique de confidentialité art.3-d.)

De ce fait, plus il y a d’utilisateurs, plus ils jouent, plus les données sont nombreuses… plus Niantic prend de la valeur en bourse. Ceci est d’autant plus important pour une start-up que dans le cadre de sa stratégie de sortie, un actif de 40 millions d’utilisateurs (passés ou actuels) pèsera de tout son poids.

Souriez, la CIA vous regarde !

A part l’effet commercial, le rôle prédominant des agences de renseignement américain dans les entreprises qui ont fait naître Pokémon GO a de quoi inquiéter. Car le renseignement américain persiste à croire qu’avec des algorithmes ultra-puissants, elle pourra extraire d’un océan de données, obtenues en connectant, à notre insu, nos smartphones, cartes bancaires, blogs et sites internet, l’information lumineuse permettant de neutraliser « les méchants » susceptibles de contester son système.

Rappelons que le jeu Pokémon Go a été créé conjointement par The Pokémon Company, Nintendo et Niantic. Or, le patron de Niantic s’appelle John Hanke, un fanatique d’informatique et de réalité virtuelle.

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