Pourquoi je ne joue (déjà) plus à Pokémon Go

Publié le par Jean-Philippe Michaud leprogres.fr

Pourquoi je ne joue (déjà) plus à Pokémon Go

« Non ? Toi aussi tu joues à Pokémon Go ! » Pour mes proches, amis et collègues, attraper des Pokémon avec son smartphone n’est pas compatible avec mon statut de père de famille quadragénaire…

 

Il ne s’est presque pas passé un jour sans que l’on entende parler de Pokémon Go.

Oui mais voilà, deux mois plus tard, le soufflé est bien retombé.

En ce qui me concerne j’ai arrêté alors que mon personnage était niveau 11. Au cours de mes chasses, j’ai croisé 43 sortes de Pokémon sur les 147 existants, et j’avais en ma possession 74 Pokémon sur les 250 emplacements alloués.

Très vite je me suis rendu compte que l’on croisait toujours les mêmes. Ainsi, j’ai dû passer facilement un tiers du temps à attraper des Nosferapti (une chauve-souris). Si on ajoute les Roucool, Magicarpe et autres Piafabec, j’ai passé l’essentiel du temps à croiser la même douzaine d’espèces. Lassant.

Le jeu a perdu 34 % d’utilisateurs

Certes, c’est le principe même du jeu que de répartir les Pokémon selon des zones et d’organiser leur rareté. Mais en tant que père de famille, je ne peux difficilement consacrer plus de temps au jeu que lorsque j’emmène mon fils à l’école ou au parc.

Et c’est là que se situe le principal paradoxe de Pokémon Go. Car c’est le très grand public qui s’est jeté sur l’application. Mais en réalité, la plupart de ceux qui l’ont installé n’ont que quelques minutes par jour à consacrer au jeu. Et cela ne suffit clairement pas.

Pokémon Go, comme tant d’autres, n’a pas su résoudre la quadrature du cercle qui consiste à réunir joueurs occasionnels et joueurs assidus.

C’est sûrement pour cela que, comme l’a relevé Bloomberg, le jeu a perdu 34 % d’utilisateurs, passant de 45 millions de dresseurs au moment du pic, le 20 juillet, à 30 millions un mois plus tard. Bien sûr le nombre reste encore très impressionnant, mais il est à relativiser. Supercell, l’éditeur de Clash of Clan et de Boom Beach, revendique par exemple 100 millions d’utilisateurs par jour sur ses quatre jeux principaux.

Pas mal d’écueils techniques

Et puis il y a tous les écueils techniques. Le premier d’entre eux a été constaté dès les premières minutes de jeu : Pokémon Go pompe la batterie du téléphone à une vitesse hallucinante. Pas étonnant avec une application qui doit gérer la connexion internet, le GPS et la caméra du téléphone pour la réalité augmentée.

Première conséquence, on désactive très rapidement la réalité augmentée pour gagner quelques précieux pourcentages de batterie. Du coup, on perd une grande partie de ce qui faisait l’originalité du titre…

Seuls les fabricants et revendeurs de batteries externes y ont trouvé leur compte. En juillet, Darty constatait une hausse de 55 % sur la vente de ces accessoires.

Il faut également ajouter les soucis de perte de signal GPS, particulièrement rageants quand on marche pour faire éclore les œufs et que les kilomètres ne sont pas pris en compte, et le fait que certains téléphones (même très récents et haut de gamme) chauffent car très sollicités ce qui fait parfois planter l’application.

Enfin, les joueurs ont vite constaté qu’ils n’étaient pas tous égaux devant Pokémon Go. Entre celui qui habite Lyon intra-muros et celui qui habite une petite commune dans les monts du Lyonnais, il y a un monde !

Pour autant, le phénomène Pokémon Go est loin d’être terminé. Le jeu de Niantic ayant rapidement généré d’énormes bénéfices, le studio a déjà programmé plusieurs mises à jour et évolutions dans les semaines à venir.

On voit ainsi arriver Pokémon Plus sur l’iWatch d’Apple et Nintendo lance dans les jours qui viennent le fameux bracelet pour accompagner le jeu. Simplement, après le buzz mondial, Pokémon Go prend maintenant sa vitesse de croisière et va s’installer avec son contingent de joueurs réguliers.

Les autres vont pouvoir reprendre tranquillement leurs parties de Clash of Clan et autres Candy Crush, sans avoir à courir dans tous les sens. Quant à moi, je vais plutôt réserver mes (trop rares) moments de jeux à quelques pépites sur PC ou console…

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